Certains signes ne trompent pas : vous avez le coeur qui bat la chamade, les mains moites, vous n’osez croiser son regard, vous vous sentez interdits…. Quand nous désirons, c’est notre corps qui parle, même si tout s’est d’abord déclenché dans le cerveau d’après les chercheurs. Tout est dans la séduction, l’art de séduire !

Le mythe des phéromones (copuline et androstènedione)

Constat chez d’autres espèces :

Lorsqu’ils fonctionnent, ils sont redoutablement efficaces en matière de séduction. Par exemple le vers a soie femelle attire le mâle pour l’accouplement par une substance sécretée par sa glande abdominale, le bombycol. Par ailleurs il y a près de cinquante ans de cela, Richard Michaels, psychiatre anglais, spécialiste des primates affirmait avoir trouvé une substance chimique présente dans le vagin de singes femelles. Celle-ci attirait les mâles de la même espèce : la copuline. Quelques temps plus tard, Michaels produisait, sous licence, une copuline –mélange d’acides vaginaux aliphatiques issus des sécrétions de singes. Qui est aujourd’hui la base des parfums et savons féminins censés contenir les «phéromones» attirant des individus du sexe opposé.

L’idée que nos odeurs corporelles sont des signaux puissants et chimiquement chargés étaient donc attirante. Hors les études faites à nouveau sur des primates et sur des êtres humains pour étudier la copuline ont obtenus des résultats négatifs.

Qu’en est-il chez l’être humain ?

D’autres études se sont intéressées à l’androsténedione, une hormone contenue dans la sueur humaine. Pensant bien que les femmes allaient être excitées par cette nouvelle odeur musquée. Mais la polémique avait été stoppée par les études non concluantes d’Andreas Keller. En 2007 qui avait prouvé qu’en fonction de la variation particulière du gène olfactif OR7D4, on peut ainsi trouver l’androstènedione particulièrement attirante. Ou totalement repoussante voire être incapable de la sentir.

De plus, les études récentes montrent que l’activité phéromonale chez l’humain semble n’être plus qu’un vestige et de faible importance (1,2). L’organe voméronasal situé au niveau de la cloison nasale sensé capter ces fameuses phéromones n’est plus fonctionnel chez les hominidés (3) (certains primates et les humains). Chez l’être humain il s’atrophie au cours de l’embryogenèse (in utero) et 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones sont altérés (4).

De nombreux biais scientifiques et socio-psychologiques rendent complexe l’étude des effets psychologiques des odeurs, parfums ou phéromones sur les émotions et le comportement des humains (5,6). Il est souvent très difficile de distinguer les représentations olfactives acquises des véritables effets phéromonaux innés.

Les spécialistes du marketing, des magazines féminins et des parfums se sont donc empressés d’utiliser ce mythe, sans preuves. Laissant courir des idées probablement séduisantes 😉 mais erronées.

Alors comment la séduction commence ?

Il y a plusieurs critères qui vont faire qu’une personne va être attirante sexuellement. L’un des premiers critères cela va être :

  • Le mystère. Quand quelqu’un est mystérieux, on a envie d’aller vers lui, et de briser ce mystère
  • L’admiration, souvent on est attiré sexuellement par quelqu’un que l’on admire. Les raisons pour lesquelles on admire quelqu’un sont personnelles et très variables d’une personne à l’autre
  • Et enfin quelqu’un qui nous rend beau, quelqu’un qui va nous donner l’impression qu’on est beau-belle, qu’on est au meilleur de sa forme, au meilleur de soi

Ce que l’on va rechercher chez l’autre, finalement c’est soi-même.

Existe-t-il des critères physiques ?

Les critères qui amènent à être attirés par quelqu’un sont plutôt d’origine culturelle. Les critères que nous avons au XXIème siècle ne sont pas les mêmes que ceux que nous avions au XVIIème ou au XIIème siècle . La plupart du temps, nous sommes influencés par la culture dans laquelle on a grandi. Donc le physique va avoir une importance, oui, mais ce n’est pas simplement ça qui va être en jeu. Il y a une part sur laquelle on a très peu de contrôle. Grâce à laquelle on va avoir très envie de rencontrer physiquement et sexuellement cette personne plutôt qu’une autre…

On est attiré par Jean ou Ingrid plutôt que par Pierre ou Sabrina, car Jean/Ingrid nous rappelle quelqu’un qui nous a aimé dans l’enfance. Et la petite enfance et que nous avons aimé en retour.

Tout commence par les rapports que nous avons entretenus, dès la naissance, avec nos parents ou des personnes que nous avons croisé durant notre enfance ou petite enfance.

Toutes les caractéristiques physiques et psychologiques liées à ceux qui nous ont élevés et/ou ont pris soin de nous vont s’inscrire dans notre mémoire psychique et physique. Et vont être associés à des sensations agréables, comme l’attention, l’intérêt, la bienveillance, la compréhension à notre égard… Bref, tout ce qui met l’enfant ( et le futur adulte !) en état de bien-être. Plus tard à l’adolescence ou l’âge adulte, quand nous rencontrons quelqu’un qui nous rappelle les indices corporels. Tels une odeur ou une voix, affectifs tel le sourire ou comportementaux de ces bonnes personnes, notre cerveau lui associe immédiatement la notion de plaisir. Ces influences qui se situent entre biologie et culture jouent un rôle déterminant dans la naissance du désir et de l’amour.

Et souvent, on va retrouver certaines valeurs en commun avec la mère de la compagne aimée ou le père du compagnon aimé. C’est pour cela que certains psychiatres disent que quand 2 personnes se rencontrent. C’est 2 mondes inconscients qui se rencontrent.

Il y a donc 2 dimensions importantes, la rencontre consciente : je la désire pour telle et telle raison. Mais il y a aussi une dimension inconsciente qui par essence, nous échappe.

On pense consciemment qu’on est toujours attiré par le même style de personnes. Mais quand on regarde les histoires des gens, on s’aperçoit que ce n’est pas toujours le même type physique de personnes.

En revanche on est souvent attiré par le même type d’émotion que l’on rencontre. Par exemple, on va toujours rencontrer le même type d’homme parce que ce sont des hommes respectueux. Ou encore le même type de femme parce qu’elles sont aimantes et compréhensives. Mais ils ne vont pas avoir toujours le même physique. Retrouver ces mêmes émotions est important pour nous car elles rassurent et elles permettent de bien nous construire d’un point de vue narcissique.

Et vous quelle émotion aimez-vous rencontrer ? 😉

Quel est l’élément clé de la séduction ?

On parle de 5 étapes dans le processus de séduction :

  1. Attirer l’attention
  2. Le regard
  3. Le contact physique
  4. La conversation
  5. La danse de l’amour

Les critères pour séduire sont quasiment les même critères d’une civilisations à une autre et d’une culture à une autre. Konrad Lorenz qui était chercheur dans les années 50, à fait des études sur plusieurs ethnies, plusieurs cultures différentes. Il s’était rendu compte que le point de séduction que l’on rencontre partout, c’est le regard ! C’est le premier outil de séduction qu’on a en tant qu’être humain qui intervient dans les 2 premières étapes.

Dans le regard, il y a la manière de regarder l’autre et la manière d’accepter le regard que l’autre pose sur vous.
Dès qu’on a un regard compréhensif, bienveillant, désirant, aimant, là on se donne toutes les chances pour que l’autre puisse répondre de la même manière.

Par le Léa Magiore, Médecin Généraliste

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