Par Paul Rudelle, Pharmacien

Cigarette électronique, e-cigarette ou encore vapoteuse, telles sont les nouveautés qui ont envahi le paysage urbain au début des années 2010. Aujourd’hui, c’est plus de 3 millions de personnes qui « vapotent » dans l’Hexagone. Cependant, les avis divergent quant à son efficacité, alors produit miracle ou véritable poison dormant ?

cigarette électronique

Vapoter devient à la mode ?

Une alternative à la cigarette

La cigarette électronique serait-elle la solution idéale pour le sevrage tabagique ? C’est bien possible. La quantité de nicotine inhalée par la vapeur de la cigarette électronique est bien plus faible et moins toxique que celle fumée par le biais de la cigarette traditionnelle.

La cigarette électronique se présente donc comme une alternative à la cigarette, et permet de conserver la gestuelle, en continuant de souffler la fumée et en entretenant une faible consommation de nicotine au quotidien, nécessaire pour tout sevrage.

Une chose est sûre, l’utilisation de la cigarette électronique permet de diminuer la consommation de tabac d’un individu, et ce qu’elle soit utilisée en substitut de la cigarette ou en parallèle de la consommation de tabac habituelle.

Quelle est cette technologie ?

La cigarette électronique est un dispositif électrique destiné à vapoter. Cet appareil va permettre d’inspirer de la vapeur obtenue par le chauffage d’une solution liquide présente dans un flacon à l’intérieur du dispositif. Ces flacons sont remplis d’une solution appelée e-liquide, et sont rechargeables.

L’e-liquide qui compose les recharges est un mélange de glycérol, d’acétaldéhyde, d’acroléine, de formaldéhyde, de divers arômes et de nicotine.

Un danger méconnu

Pourtant, malgré ces qualités et opportunités évidentes que propose cette technologie nouvelle, la cigarette électronique a ses détracteurs, qui s’appuient principalement sur la toxicité de l’e-liquide.

En effet, comme présentée plus haut, la composition de ces flacons rechargeables peut paraître inquiétante. Ces interrogations quant à la nocivité de la cigarette électronique peuvent être justifiées car le formaldéhyde et l’acétaldéhyde sont classés parmi les substances cancérigènes. De plus, l’acroléine est une substance particulièrement irritante pour la sphère oropharyngée.
Malgré la toxicité évidente de ces substances, il faut savoir qu’elles sont présentent dans des quantités infimes par rapport à une cigarette normale.

Si la cigarette électronique montre de façon évidente une toxicité moindre par rapport à une consommation de tabac classique, très peu d’études et de scientifiques osent émettre une conclusion dans ce sens.

Cela découle du fait que la cigarette électronique est un outil très récent, et que pour connaître son impact sur la santé d’un vapoteur, il faudra mener des études de toxicité sur le long terme avant d’avancer une conclusion en faveur ou contre l’utilisation de la cigarette électronique dans le cadre d’un sevrage tabagique durable.

Les conseils du pharmacien

Un dispositif complémentaire

Même si elle n’est pas conseillée par le corps médical, la cigarette électronique peut s’apparenter à un outil efficace dans un process de sevrage. De plus, il faut savoir que son utilisation est parfaitement compatible avec d’autres substituts tels que les patchs nicotiniques ou les gommes.

Bien choisir sa dose nicotine

Les e-liquides peuvent contenir de 6mg/L à 20 mg/L de nicotine. En fonction de son ancienne consommation de cigarette, il est important de bien choisir sa dose afin de ne pas faire un sevrage trop restrictif. L’objectif étant bien sûr de réduire progressivement les doses.

L’utilisation de la cigarette électronique, au même titre que la cigarette classique est déconseillée chez la femme enceinte. Une vigilance supplémentaire s’impose à la maison avec les jeunes enfants. Il faut veiller à laisser hors de portée les flacons rechargeables car ils sont très toxiques au niveau cutané ou lorsqu’ils sont ingérés.

La cigarette électronique semble être à la mode avec ses nombreux parfums et goûts. Cependant, il ne faut pas penser que l’on peut vapoter sans risques même s’i l’on a jamais fumé de tabac auparavant. Elle contient de la nicotine et l’individu devient tout aussi dépendant qu’avec une consommation classique !

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