Par Léa Magiore, Médecin Généraliste

Je n’ai jamais eu de diabète de ma vie, ça ne peut pas commencer maintenant quand même ? Et bien si, nous sommes tous potentiellement concernés ! Les causes sont multiples et souvent liées au mode de vie : obésité, sédentarité et consommation de produits alimentaires sucrés ou industriels.

Pompe à insuline : conseil diabète

Une maladie en deux types distincts

En l’espace de quelques années, le diabète est devenu un vrai problème de santé publique, impactant plus de 400 millions de patients dans le monde. Les Français sont également touchés, car l’on compte presque 4 millions de diabétiques dans l’hexagone, principalement de type 2. C’est une pathologie chronique, qui nécessite une prise en charge sur-mesure et adaptée tout au long de la vie. Pourquoi toute la vie ? Parce que le diabète est une maladie qui va évoluer même si l’on ne s’en rend pas compte. Mais il est possible de le stabiliser ! Le diabétique peut souffrir de complications, parfois graves, s’il n’est pas correctement pris en charge. Mais, avec un suivi adapté, il est tout à fait possible de vivre sereinement et de ralentir l’évolution du diabète

Définition

Le diabète est une augmentation anormale de la glycémie (taux de sucre dans le sang). Quand la glycémie à jeun est supérieure à 1,26g/L ou supérieure à 2g/L à n’importe quel moment de la journée, le diabète va être évoqué. Il est conseillé de réaliser 2 dosages pour confirmer le résultat. La plupart des diabétiques vivent longtemps sans le savoir avec ce trouble. Dans un premier temps, il va rester silencieux, n’entraînant que des symptômes légers. Les médecins sont vigilants, car l’élévation de la glycémie va entraîner à plus long terme des dommages de certains organes comme les yeux, les vaisseaux, les nerfs, les reins.

Pourquoi devient-on diabétique ?

Parfois appelé “diabète sucré” (Alors que le diabète salé n’existe pas ! NDLR), le diabète est causé par une production insuffisante d’insuline par le pancréas. C’est donc un dysfonctionnement du pancréas qui ne produit pas assez (ou plus) d’insuline. L’insuline est une hormone synthétisée par le pancréas et qui facilite le passage du sucre vers les cellules. Si elle n’est pas présente en quantité adéquate, le sucre s’accumule dans le sang, la glycémie augmente, c’est le diabète !
On distingue le diabète de type 1 (insulinodépendant) et le diabète de type 2 (insulinorésistant). Quel que soit votre type de diabète, vous allez devoir surveiller votre alimentation, car elle influence la sécrétion d’insuline et donc la glycémie.

Diabète de type 1 : plus rare

Aussi appelé diabète insulinodépendant, il concerne environ 10 % des diabétiques. Le diabète de type 1 apparaît brutalement et impose des injections régulières et répétées d’insuline. C’est une maladie auto-immune qui touche principalement les enfants et adolescents et apparaît plus rarement à l’âge adulte. Cette pathologie provoque une hyperactivité du système immunitaire, les lymphocytes T détruisent alors les cellules du pancréas qui produisent l’insuline. L’hyperglycémie va apparaître quand 80 % des cellules bêta des îlots de Langerhans ont été détruites.

Les symptômes :

Ces troubles vont en général survenir brusquement dans le cas d’un diabète de type 1 :

  • Besoin d’uriner très fréquent
  • Sensation d’avoir toujours soif et faim
  • Amaigrissement
  • Trouble brutal de la vision
  • Fatigue, somnolence
  • Perte de connaissance

Les règles de vie pour limiter son impact :

Le patient doit également apprendre à surveiller son alimentation et pratiquer une activité physique régulière. La modération de la consommation d’alcool, de tabac et la surveillance de l’hypercholestérolémie et du surpoids sont également indispensables.

Quel traitement ?

L’insuline n’étant plus sécrétée en quantité suffisante par le pancréas, il va donc falloir en apporter malgré tout à l’organisme ! Le traitement consiste donc en plusieurs injections d’insuline (en sous-cutané) effectuées quotidiennement par le patient. Il est nécessaire de contrôler régulièrement sa glycémie (en prélevant une goutte de sang à l’extrémité du doigt) pour adapter la dose d’insuline injectée. Dans le cadre d’un diabète de type 1, il est recommandé de se faire suivre par un endocrinologue.

Diabète de type 2 : le plus fréquent

Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?

Contrairement au type 1, le diabète de type 2 s’installe, lui, chez un adulte d’âge plutôt mûr. Les causes sont nombreuses et liées au mode de vie : obésité, sédentarité et mauvais choix alimentaires, surconsommation de produits industriels, sucrés, transformés. Il y a également une certaine prédisposition génétique.

Comment ça se passe ?

Le diabète de type 2 résulte d’une diminution des effets de l’insuline, on parle d’insulinorésistance. Comme il s’accompagne de peu de symptômes au commencement, il peut passer inaperçu pendant des années. Au tout début, le pancréas va compenser ce déficit en augmentant la production d’insuline. Mais ce fonctionnement va fatiguer le pancréas jusqu’à l’épuisement !

Les symptômes :

Certains signes peuvent annoncer un diabète de type 2 (sans être constants toutefois) :

  • Fatigue, essoufflement
  • Troubles de la vision
  • Besoin fréquent d’uriner
  • Faim ou soif permanente
  • Picotements dans les pieds
  • Tendance aux infections et qui guérissent mal
  • Infections urinaires à répétition
  • Troubles de l’érection

J’ai peur d’être diabétique, comment savoir ?

Bonne question ! Car oui, c’est une maladie qui peut rester silencieuse et évoluer pendant des années sans provoquer aucune gêne. Le diabète de type II se développe sournoisement… La moitié des diabétiques vont être diagnostiqués à cause des complications liées à la maladie.
Pour être dépisté, consultez votre médecin traitant qui vous prescrira une simple prise de sang permettant de mesurer votre glycémie. Si elle dépasse 1,26 g/L sur au moins deux prélèvements, un diagnostic de diabète sera évoqué.

Est-ce qu’il y a un traitement ?

Vous pensez déjà au pire ? Vous avez peur des injections d’insuline ?

Effectivement, le diabète est une pathologie chronique, on ne peut pas en guérir définitivement. Mais pas de fatalisme, c’est une pathologie qui évolue lentement. Donc bien suivi, on peut en limiter les conséquences ! Les traitements contre le diabète auront pour objectif de diminuer le taux de sucre dans le sang. C’est l’hyperglycémie chronique que l’on cherche à combattre, car elle entraîne des complications à long terme. Le traitement va dépendre du stade de la maladie :

  • Au tout premier stade du diabète, des mesures diététiques et une augmentation de l’activité physique peuvent suffire. Si votre médecin vous a annoncé ce diagnostic, n’imaginez pas le pire car il est tout à fait possible de rester de se stabiliser à cette phase !
  • Si vous êtes à un stade plus avancé, des médicaments type hypoglycémiants oraux seront associés.
  • Si le traitement médicamenteux est insuffisant ou devient inefficace, on passera aux injections d’insuline. Là encore pas de catastrophisme, car l’insulinothérapie peut n’être que transitoire.

Dans tous les cas, les mesures d’hygiène de vie restent les plus importantes !

Qui dois-je consulter pour un bon suivi de mon diabète ?

Les conséquences du diabète sont graves, il est donc important d’avoir un suivi médical régulier pour prévenir les complications.
Votre médecin traitant est l’interlocuteur principal pour le traitement et le suivi.

Cependant d’autres spécialistes peuvent être nécessaires pour ce suivi :

L’endocrinologue

En complément, il est recommandé de consulter une fois par an un endocrinologue (spécialiste diabétologue). Ce dernier pourra affiner votre traitement et vous orienter en cas de complication.

Le diététicien

Consulter un ou une diététicien(ne) pourra vous aider dans votre réajustement alimentaire. Ce sera votre partenaire, demandez-lui des menus et conseils personnalisés ! Vous allez découvrir qu’il existe des recettes adaptées au diabète et des méthodes de cuisson plus saines. Vous devrez vous surveiller, tout en sachant garder le plaisir ( Fondamental !) lié aux repas.

Le cardiologue

Les risques cardiovasculaires (hypertension, surpoids, cholestérol) sont plus élevés chez les diabétiques que chez le patient lambda. Une fois par an, pensez à consulter un cardiologue pour évaluer votre fonction cardiaque et vasculaire.

L’ophtalmologiste

Examen du fond d’oeil dès la découverte du diabète de type 1, au bout de 5 ans d’évolution pour le diabète de type 2. Le diabète abîme les vaisseaux de la rétine et l’examen du fond d’oeil permet de surveiller l’apparition de la maladie (la rétinopathie diabétique), et peut se traiter le cas échéant au laser. C’est la première cause de cécité entre 30 et 60 ans.

Le podologue

Le pied d’un diabétique est fragile après plusieurs années de diabète, surtout si la glycémie a été mal régulée. C’est la prévention qui prime ! Vous devez protéger vos pieds et être attentif aux petites blessures qui peuvent s’infecter. Plusieurs consultations chez le podologue sont prévues par la sécurité sociale pour les diabétiques, n’hésitez pas! Car là encore les conséquences sur la qualité de vie peuvent être graves.
Alors oui, c’est sur, cela fait beaucoup de suivi médical à prévoir. Mais c’est avec un suivi sérieux que vous conserverez votre qualité de vie pour longtemps !

La surveillance de votre diabète se fera par dosage dans le sang de l’hémoglobine glyquée ou HbA1C. C’est le meilleur indice de surveillance du diabète et de l’efficacité des traitements prescrits. Le diabète étant une maladie chronique, près de 80 % des diabétiques sont pris en charge à 100% dans le cadre d’une ALD (Affection Longue Durée). Avec des rendez vous médicaux réguliers et de nouvelles habitudes (alimentation, activité physique), vous allez pouvoir conserver longtemps une bonne qualité de vie !

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