Par Audrey Lemaire

Depuis le 1er janvier 2018, le nombre de vaccins obligatoires est passé de 3 à 11 pour le nourrisson. Parmi les « petits nouveaux » figure le vaccin Neisvac ®, dirigé contre la Neisseria meningitidis du groupe C, dite aussi méningocoque C : une bactérie redoutable susceptible d’entraîner une méningite mortelle. Il est à noter également que pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, la vaccination n’est pas obligatoire mais reste vivement recommandée. Pourquoi est-elle conseillée ? Quel est le schéma de vaccination ? Existe-t’il des effets secondaires ? On répond à toutes vos questions sur le vaccin contre le méningocoque de type C. 

vaccin neisvac

Focus sur la méningite bactérienne

Rappelons en premier lieu que la méningite désigne une inflammation des méninges, des membranes protégeant le cerveau et la moelle épinière. La plupart du temps, elle est provoquée par un virus et reste totalement bénigne. Mais lorsqu’elle est due à une bactérie – le plus souvent le méningocoque de type C – elle peut s’avérer beaucoup plus dangereuse, en particulier pour le bébé de moins d’un an, l’enfant et le jeune adulte immunodéprimé. Entre autres complications, elle peut notamment provoquer :

  • différentes séquelles comme, par exemple, un retard mental ou une surdité ;
  • un coma pouvant évoluer vers la mort en quelques heures.

A noter que la Neisseria meningitidis est également responsable de nombreux cas de septicémie (infection généralisée se propageant via la circulation sanguine), elle aussi potentiellement mortelle.

Une bactérie assez répandue

Près de 10% de la population serait porteuse saine de la Neisseria meningitidis : présente dans les sécrétions respiratoires et salivaires, elle peut être transmise par des postillons, des baisers, des quintes de toux… Le plus souvent, elle n’entraîne aucun symptôme mais les personnes fragiles comme les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement sujets aux complications. C’est pourquoi le gouvernement a décidé d’ajouter le vaccin contre le méningocoque de type C à la liste de vaccins obligatoires. A noter cependant que ce vaccin protège uniquement contre la bactérie causant le plus de cas mortels : bien qu’il réduise drastiquement les risques de méningite et de septicémie, il ne peut pas les écarter à 100%.

Le schéma de vaccination contre le méningocoque de type C

Chez le nourrisson, le vaccin est injecté dans la cuisse : la première dose du vaccin Neisvac ® est habituellement administrée à 5 mois puis la seconde à 12 mois, souvent en même temps que le vaccin ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéoles). Quoi qu’il arrive, il est essentiel de respecter un délai d’au moins 6 mois entre les deux injections. Votre enfant est né avant le 1er janvier 2018 et n’a pas été vacciné contre la méningite ? Dans ce cas, retenez qu’il peut toujours être protégé : à partir de 12 mois, une seule dose suffit. Elle est généralement injectée dans le bras. Bon à savoir : ce vaccin est recommandé jusqu’à 24 ans révolu car passé cet âge, les cas graves d’infections à méningocoque sont rarissimes.

Existe-t-il des contre-indications au vaccin Neisvac ® ?

Mis à part des antécédents de réaction allergique à l’un de ses composants, il y a peu de contre-indications absolues au vaccin Neisvac ® : même les grands prématurés peuvent en bénéficier. En revanche, ils sont généralement placés sous surveillance respiratoire durant 48h à 72h en raison d’un risque « d’apnée » dans les 2-3 jours suivant l’injection. Ce vaccin doit également être utilisé avec précaution en cas :

  • d’ablation de la rate ;
  • d’hémophilie ;
  • de traitement anti-coagulant ;
  • de syndrome néphrotique (lié à une mauvaise filtration du sang par les reins).

Enfin, sachez que la vaccination sera différée en cas d’infection en cours.

Quid des principaux effets secondaires ?

Comme avec tous les vaccins, il existe un petit risque de réaction allergique après une injection de vaccin Neisvac ®. Ses manifestations peuvent notamment comprendre un gonflement des lèvres, des éruptions cutanées et une difficulté à respirer : normalement elle se déclenche très vite après l’injection, avant même que vous n’ayez franchi la porte du cabinet, ce qui permet au médecin de réagir immédiatement. Mis à part cela, on observe surtout des maux de tête chez les adultes et les enfants, souvent accompagnés de fièvre, de nausées et de vomissements. Chez bébé en revanche on observe plutôt :

  • des pleurs ;
  • de l’irritabilité ;
  • de la fièvre ;
  • de la somnolence ;
  • des vomissements et une baisse d’appétit.

Ces petits troubles passent très vite en général mais consultez immédiatement face à des manifestations plus rares (ex. : nuque raide, confusion, convulsions, apparition de taches rouges ou violacées).