Par Audrey Lemaire

Maladie des fiancés, maladie du baiser, maladie des fiançailles… Rarement une maladie infectieuse n’aura porté de surnoms aussi romantiques ! Mais ne prenez pas la mononucléose à la légère pour autant : si elle reste sans gravité dans l’immense majorité des cas, certaines de ses complications peuvent être très graves. C’est pourquoi il est toujours recommandé de consulter un médecin par précaution en présence de symptômes évoquant cette maladie : explications.

Mononucléose : une maladie virale généralement bénigne

La mononucléose est provoquée par la première infection au virus Epstein-Barr. Très contagieux, ce dernier peut se transmettre via la salive lors d’un baiser – d’où les divers surnoms de la mononucléose – mais aussi par les éternuements, crachats et autres postillons. C’est tout de suite moins romantique… Il existe aussi des cas de contagion :

  • par contact avec un objet contaminé ;
  • de la mère à l’enfant ;
  • par transfusion sanguine ou transplantation d’organe mais cela reste rarissime.

Cela étant dit, la mononucléose ne se déclare pas forcément après la primo-infection à Epstein-Barr : on ignore pourquoi elle se déclenche chez certaines personnes et d’autres non. En revanche, on sait que :

  • les risques que la mononucléose se manifeste sont plus élevés lorsque le virus est contracté à l’adolescence ou à l’âge adulte. Ils sont d’environ 50% alors que l’infection passe souvent totalement inaperçue chez le jeune enfant ;
  • le virus Epstein-Barr reste « en sommeil » dans l’organisme toute la vie, sans poser de problème particulier dans la plupart des cas. Tout comme pour le virus de la varicelle, vous êtes immunisé(e) : impossible d’avoir deux fois la mononucléose !
  • près de 90% des adultes sont immunisés contre le virus. Bien souvent, sans même savoir qu’ils ont été infectés…

Les symptômes de la mononucléose ressemblent beaucoup à ceux de la grippe puisqu’ils comprennent :

  • une grande fatigue ;
  • de la fièvre ;
  • un mal de gorge ;
  • des maux de tête ;
  • des courbatures ;
  • une perte d’appétit.

Les ganglions du cou peuvent aussi gonfler : c’est souvent le seul symptôme visible chez l’enfant de moins de 5 ans alors que les manifestations de la mononucléose sont généralement beaucoup plus « marquées » chez l’adolescent et l’adulte. Les symptômes peuvent durer jusqu’à 2 semaines hormis la fatigue intense, qui, elle peut se prolonger pendant des semaines voire des mois dans certains cas… Ce qui fait d’elle le symptôme le plus caractéristique et le plus gênant de la mononucléose !

La mononucléose peut provoquer un gonflement de la rate (splénomégalie), d’où un risque de rupture de la rate en cas de choc voire de rupture spontanée si l’organe est très gonflé. C’est la complication la plus redoutée de la mononucléose même si elle se produit très rarement : appelez les urgences en cas de vive douleur en haut à gauche de l’abdomen irradiant vers l’épaule, de ventre tendu, d’essoufflement et/ou de vertiges. Il faut stopper rapidement l’hémorragie. À noter : il existe d’autres complications rares comme l’hépatite (inflammation du foie), la myocardite (inflammation du muscle cardiaque), la néphrite (inflammation du rein), la méningite… Au moindre doute, consultez un médecin.

Des conseils pour combattre la mononucléose

Quel traitement pour la mononucléose ?

Le traitement de la mononucléose repose sur la prise de paracétamol et d’antalgiques pour soulager les symptômes. Des antibiotiques peuvent aussi être prescrits en cas de surinfection bactérienne. Mis à part ça, la mononucléose nécessite surtout beaucoup de repos, une bonne hydratation et une saine alimentation : évitez les plats lourds à digérer pour ménager votre foie. Par précaution, votre médecin peut aussi vous recommander d’éviter les sports de combat et autres activités « à risque » le temps que votre rate retrouve sa taille normale.

Le risque contagieux est maximal durant la phase aigüe de la mononucléose. Il diminue quand la fièvre s’arrête mais le virus peut rester dans votre salive pendant 6 mois : prenez encore des précautions durant cette période. Concrètement, vous pouvez :

  • tousser et éternuer dans le pli de votre coude à défaut d’avoir un mouchoir jetable ;
  • désinfecter les objets en contact avec votre salive (ex. : verre, brosse à dents) et éviter de les partager ;
  • vous laver fréquemment les mains (après vous être mouché(e), avant et après les repas etc.) ;
  • éviter d’embrasser les gens ;
  • aérer régulièrement vos pièces.
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