La lucite, plus communément dite “allergie au soleil”, pourrait bien faire tourner un bain de soleil au vinaigre ! C’est une photodermatose, c’est à dire une réaction provoquée suite à une exposition en raison d’une sensibilité anormalement élevée à la lumière. Spoiler alert : la lumière bleue ne provoque pas de lucite, vous pouvez continuer votre lecture 😉

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Les manifestations de la lucite

Il existe deux types de lucites : la lucite bénigne et la lucite polymorphe. La première touche environ 20% de la population avec une prévalence chez les femmes à la peau blanche. Elle se manifeste par des petits boutons rouges-rosés, ou des plaques rouges épaisses qui apparaissent sur les zones de peau exposées. La réaction provoque souvent des démangeaisons. Le visage est épargné car c’est une zone qui reçoit du soleil quotidiennement (heureusement!). La lucite touche également les zones fragiles du corps (cicatrices), où l’on observe souvent une réaction plus soutenue.

Beaucoup plus rare, la lucite polymorphe apparaît le lendemain d’une exposition solaire modérée et dure généralement du début du printemps jusqu’à l’automne. Elle concerne les adultes sans prédominance de sexe. Contrairement à la lucite bénigne, elle touche le visage et le dos des mains. Elle peut même atteindre des zones du corps en passant à travers les vêtements. Elle réapparaît à chaque exposition solaire et ses symptômes sont divers, d’où le terme polymorphe (plusieurs formes). En effet, nous pouvons remarquer la manifestation de bosses, de taches rouges, de plaques urticariennes (peau gonflée), démangeaisons, brûlures ou même cloques.

Il existe d’autres “allergies au soleil”, à savoir l’urticaire solaire. Celui ci est déclenché après une courte exposition solaire (15 minutes environ). Comme la lucite, il est signalé par petits boutons qui démangent. Toutefois, ces derniers disparaissent dès que la personne n’est plus au soleil.

Les causes et facteurs à risque de l’allergie au soleil

La lucite est une maladie idiopathique, c’est-à-dire que l’on ne connaît pas de cause spécifique à son apparition. Nous savons cependant que la lucite est la conséquence d’une sensibilisation de la peau au soleil et particulièrement aux ultraviolets. Ces derniers diffèrent selon chaque type de photodermatose. En effet, les expositions prolongées aux UVB sont plus à même de déclencher une lucite polymorphe. Les UVA, quant à eux, entrainent plus souvent une lucite bénigne. Ces rayons, en pénétrant profondément la peau, perturbent le système immunitaire, endommagent les cellules et causent une réaction cutanée. Une fois la lucite déclarée, les épisodes sont souvent répétitifs. La peau des personnes au teint mat et foncé résiste mieux au soleil que la peau des personnes blanches ou rousses. Le bronzage forme également un hâle protecteur.

Boostez votre organisme pour supporter les rayons de soleil

Avant toute chose, il est essentiel de respecter les conseils usuels de photoprotection. A savoir être à l’ombre, s’exposer graduellement afin que la peau s’habitue petit à petit, bien se couvrir et appliquer de la crème qui protège contre les UVA régulièrement. Dans le cas de la lucite polymorphe, veillez à bien éviter l’exposition entre 11h et 16h, les UVB étant plus puissants et plus nombreux.

Le dermatologue peut prescrire des antipaludéens de synthèse à prendre une semaine avant le début de l’exposition. Avant de commencer le traitement, il est important de passer par un bilan ophtalmologique car les antipaludéens peuvent s’attaquer à la rétine.
Le dermatologue peut également prescrire de l’acide para amino-benzoïque (PABA), utilisé pour la prévention de la lucite bénigne, à débuter 15 jours avant le début de l’exposition solaire et poursuivie durant cette dernière.
Les antihistaminiques (type Aerius, Kestin) se révèlent utiles pour prévenir mais aussi traiter les symptôme de l’allergie au soleil.

Côté alimentation, la prise d’un anti-oxydant du type beta-carotène comme complément alimentaire à petite dose, peut limiter le risque de lucite. Vous pouvez commencer cette “cure” avant les premières expositions, dès avril par exemple. Si vous ne voulez pas prendre de complément, vous pouvez tout simplement manger plus de fruits et légumes colorés riches en beta-carotène, comme la carotte, la patate douce et les abricots.

Comment traiter une lucite ?

Si l’inflammation est importante, vous pouvez appliquer une crème corticoïde qui permet de soulager les démangeaisons et de diminuer l’intensité de l’éruption. Il est conseillé d’éviter les expositions en présence des boutons ou autres symptômes de lucite. Si vous souhaitez vous exposer à nouveau, il est nécessaire d’utiliser une protection solaire UVA UVB. Vous pouvez également prendre des antihistaminique. Au bout d’une semaine environ, la peau commence à bronzer et la lucite se volatilise.

En dernier recours, vous pouvez opter pour des séances de puvathérapie en cabinet de dermatologie. Cette méthode préventive est une irradiation progressive aux UVA conjuguée de la prise de médicaments photosensibilisants. Elle a pour but la désensibilisation aux UV. Elle peut être réalisée une fois par an car une exposition trop importante et fréquente aux UVA peut déclencher un mélanome.