Par le Léa Magiore, Médecin Généraliste

Une infection urinaire est une infection qui peut toucher une ou plusieurs parties du système urinaire : les reins, les uretères, la vessie et l’urètre. Elle se manifeste souvent par des douleurs et une sensation de brûlure en urinant, parfois par des douleurs abdominales et de la fièvre. Les femmes sont très souvent sujettes aux cystites, qui est une inflammation de la vessie, mais ce n’est pas le seul type d’infection existante !

Cystite infection urinaire

Qu’est ce qu’une infection urinaire ?

La fréquence des infections urinaires dépend de l’âge et du sexe. Les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes, car l’urètre de la femme, plus court que celui de l’homme, facilite l’entrée des bactéries dans la vessie. Beaucoup de femmes en contracteront plusieurs au cours de leur vie. A contrario les hommes sont peu touchés par cette affection, les hommes d’âge mûr avec troubles de la prostate sont plus à risque. Quant aux enfants, ils sont plus rarement touchés. Contrairement aux idées reçues, il existe en réalité 3 sortes d’infections urinaires, selon la localisation de l’infection :

La cystite

De loin la forme d’infection urinaire la plus courante, la cystite touche quasi exclusivement les  femmes. Il s’agit d’une inflammation de la vessie provoquée en général par la prolifération de bactéries intestinales de type Escherichia coli, qui sont présentes sur le  pourtour de l’anus. Les bactéries passent de la région anale à la vessie en remontant par l’urètre. Tout ce qui gêne la vidange de la vessie augmente le risque de cystite, car cela favorise la prolifération des bactéries. La cystite s’accompagne toujours d’une urétrite (inflammation de l’urètre).

L’urétrite

Si l’inflammation touche uniquement l’urètre (le conduit qui relie la vessie au méat urinaire), c’est l’urétrite. Différents agents infectieux en sont responsables : les chlamydias et le gonocoque notamment. Il s’agit souvent d’IST (infections sexuellement transmissibles) chez les hommes, où l’urétrite peut s’accompagner d’une prostatite (infection de la prostate). Les femmes peuvent aussi en être atteintes.

La pyélonéphrite

La pyélonéphrite est une affection plus grave. Elle désigne l’inflammation du rein lui-même. Celle-ci résulte généralement d’une infection bactérienne. Il peut s’agir d’une complication d’une cystite mal soignée qui a provoqué la remontée des bactéries de la vessie vers les reins, et à leur prolifération. La pyélonéphrite aiguë survient souvent chez la femme, encore plus chez la femme enceinte.

Les symptômes de l’infection urinaire

  • Des douleurs ou des brûlures en urinant
  • Une fréquence plus élevée de mictions le jour (parfois aussi la nuit)
  • Un besoin persistant d’uriner
  • Des urines troubles qui dégagent une odeur désagréable
  • Parfois une pesanteur dans le bas-ventre, du sang dans les urines.

(Il n’y a pas de fièvre s’il s’agit d’une simple cystite).

Les symptômes suivants évoquent plutôt une pyélonéphrite (infection des reins) :

  • fièvre élevée, frissons
  • douleurs intenses dans le bas du dos ou dans le bas ventre
  • vomissements
  • altération de l’état général

À noter que les symptômes de cystite (brûlures, envies fréquentes d’uriner) peuvent être présents.

Chez les enfants

Les infections urinaires peuvent se manifester de façon plus atypique chez les petits. Parfois, la cystite entraîne de la fièvre sans aucun autre symptôme. Chez les tout-petits, la sensation de brûlure lors de la miction peut se manifester par des plaintes au moment d’uriner.

Chez les nourrissons, l’infection urinaire est encore plus difficile à dépister. Elle s’accompagne généralement de fièvre, d’un refus de s’alimenter, et parfois de troubles gastro-intestinaux.

Personnes à risques d’infection urinaire

  • Les femmes ! (et oui les filles c’est injuste) surtout celles qui sont actives sexuellement. Le taux d’infection est 50 fois plus élevé que chez les hommes.
  • Les femmes enceintes sont particulièrement à risque en raison de la pression exercée sur le système urinaire, mais aussi des changements hormonaux.
  • Les femmes ménopausées, plus volontiers sujettes à des infections vaginales bactériennes.
  • Les hommes atteints d’une HBP (hypertrophie bénigne de la prostate, fréquente après 50 ans) ou d’une prostatite. Lorsqu’elle augmente de taille, la prostate comprime l’urètre, ce qui ralentit l’évacuation de l’urine, augmente le risque de garder un peu d’urine résiduelle dans la vessie après la miction et facilite les infections.
  • Les diabétiques, car un taux élevé de sucre dans les urines constituent un milieu favorable au développement bactérien. Ils sont également plus sensibles aux infections.
  • Les personnes qui ont une anomalie structurale des voies urinaires, qui souffrent de calculs rénaux ou de divers troubles neurologiques
  • Les personnes chez qui on a posé une sonde urinaire. Les bactéries remontent alors le long de la surface du tube souple vers la vessie et peuvent infecter les voies urinaires.
  • Les personnes âgées, qui cumulent souvent plusieurs des facteurs ci-dessus (alitement, hospitalisation, sonde urinaire, troubles neurologiques, diabète).

Les conseils du médecin

Les premiers réflexes en cas de doute

  • Boire suffisamment d’eau ! Le jus de canneberge (ou cranberry) est une option intéressante en prévention des rechutes puisqu’il empêche les bactéries d’adhérer aux parois des voies urinaires.
  • Ne pas retenir trop longtemps son envie d’uriner ! garder de l’urine dans la vessie étant une manière de donner le temps aux bactéries de se multiplier.
  • Lutter contre les troubles du transit, en particulier contre la constipation qui contribue aux cystites, car des bactéries stagnent dans le rectum.

Chez les femmes :

  • Le meilleur moyen pour les jeunes filles et les femmes de prévenir les infections urinaires est de s’essuyer toujours de l’avant vers l’arrière avec le papier hygiénique après être allée à la selle ou après avoir uriné.
  • Uriner immédiatement après les relations sexuelles. Laver les régions anales et vulvaires régulièrement. Malgré tout, évitez une toilette trop agressive, car cela fragilise les muqueuses.
  • Éviter le plus possible d’utiliser des produits parfumés dans la région génitale, car ils peuvent irriter la muqueuse de l’urètre. Si l’on tient à utiliser un produit, s’assurer qu’il ne soit pas irritant, et privilégier un pH neutre.
  • Utiliser des préservatifs lubrifiés, qui irritent moins les parties génitales. Et ne pas hésiter à rajouter du gel lubrifiant.

Le jus de cranberry aussi efficace que les antibiotiques ?

Au-delà des mesures préventives, la prise de jus de cranberry (canneberge en français) est recommandée. Sa consommation régulière offre une bonne protection contre les bactériesc’est une propriété reconnue par l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). En effet, les baies de cranberry contiennent des flavonoïdes et  des anthocyanes capables de se fixer sur les bactéries comme Escherichia coli, germe fréquemment responsable de cystites.

Plusieurs études affirment que la cranberry réduit la fréquence des cystites chez les femmes de 30 à 40 ans. De plus, une étude écossaise (1) menées sur des femmes de plus de 40 ans montre un très léger avantage des antibiotiques en terme d’efficacité sur la cranberry, mais avec plus d’effets secondaires.

Il faut également noter qu’en plus de son caractère naturel et de son faible coût, la cranberry présente l’avantage de réduire le risque de voir apparaître des bactéries résistantes aux antibiotiques. De plus, elle n’expose pas aux effets secondaires gênants de la prise régulière d’un antibiotique, comme la mycose intestinale ou vaginale ou encore l’infection par le Clostridium difficile.

Les traitements médicaux

Nous parlons ici du traitement général des infections urinaires bénignes (urétrite, cystite) et pas de la pyélonéphrite, plus grave, qui relève souvent d’une prise en charge d’urgence.

Les infections urinaires d’origine bactérienne se traitent facilement et rapidement à l’aide d’antibiotiques. Il sera nécessaire d’effectuer un ECBU (examen cytobactériologique des urines) pour déterminer quelle est la bactérie qui vous a infecté. Bien sûr, vous préféreriez avoir votre traitement immédiatement ! Mais si votre médecin vous prescrit cet examen, c’est qu’il est important pour bien cibler l’antibiotique choisi et ne pas risquer de créer une surinfection à une bactérie résistante.

Pour les cas les plus fréquents, causés par la bactérie E. coli, le médecin a recours à une variété d’antibiotiques. Sous traitement, les symptômes disparaissent habituellement en l’espace de 24 à 48 heures, parfois moins. Il importe toutefois que la durée de la prescription soit bien suivie sinon vous risquez une infection secondaire !

Pour favoriser l’élimination des bactéries, il est nécessaire de boire plus que d’habitude lors du traitement. Les personnes qui ressentent des douleurs ou une pression au bas-ventre peuvent obtenir un soulagement par la prise de médicaments antalgiques. On peut aussi placer une compresse chaude sur l’abdomen.

Cystite persistante

Si les symptômes de cystite persistent au bout de 1 semaine de traitement antibiotique bien suivi, il peut s’agir d’une infection résistante. C’est souvent le cas des infections acquises en milieu hospitalier, à cause d’une sonde urétrale ou d’une intervention chirurgicale. Les cystites contractées hors des hôpitaux sont elles aussi de plus en plus résistantes à l’antibiothérapie. Le médecin prescrira alors les antibiotiques appropriés en se basant sur les résultats de l’ECBU.

À SAVOIR POUR LES FEMMES ENCEINTES

Les femmes enceintes font l’objet d’un dépistage systématique. Il est en effet très important de déceler une infection urinaire pendant la grossesse et de la traiter le cas échéant. Dans 1 cas sur 3 environ, l’infection peut se propager aux reins avec la possibilité d’un accouchement prématuré ou d’un bébé naissant de faible poids.

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