Par Léa Magiore, Médecin Généraliste

La fibrillation auriculaire est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent. Dans la plupart des cas elle ne représente pas un danger immédiat chez la personne touchée. Cependant, il s’agit d’une maladie progressive et donc potentiellement dangereuse car elle augmente le risque d’attaque cérébrale et d’infarctus du myocarde.

Fibrillation auriculaire et cardiologie

Un influx électrique cardiaque défaillant

Définition

Le cœur est une pompe qui distribue le sang dans tout le corps. Il comporte 4 cavités : deux cavités supérieures appelées oreillettes et deux cavités inférieures appelées ventricules.

L’activité électrique du coeur vient de la partie haute des oreillettes, ce que l’on appelle le noeud sinusal. C’est à ce niveau qu’est créé une activité électrique qui déclenche chaque battement de cœur, en envoyant un signal électrique qui se transmet dans les 2 oreillettes puis aux 2 ventricules.

Lors d’une fibrillation auriculaire, il va y avoir un dysfonctionnement du signal électrique et au lieu d’avoir un seul signal électrique bien homogène provenant du noeud sinusal, ce sont plusieurs signaux électriques  accélérés qui vont provenir de différent endroits des oreillettes qui vont  accélérer la contraction des oreillettes. Dans la plupart des cas le signal électrique va se propager aux ventricules qui vont se contracter de façon rapide et irrégulière. Parfois, le filtre électrique existant entre les oreillettes et les ventricules va bien fonctionner et les ventricules vont se contracter peut-être irrégulièrement , mais lentement.

Un rythme cardiaque normal est compris entre 60 et 99 battements par minute au repos. En fibrillation auriculaire, le coeur peut battre lentement mais irrégulièrement c’est une fibrillation auriculaire lente. On peut également avoir un rythme compris entre 150 et 300 battements par minute, c’est une fibrillation auriculaire rapide.

La fibrillation auriculaire est dite :

  • Paroxystique :  lorsqu’elle survient par épisode et dure moins d’une semaine,
  • Persistante : si elle dure plus d’une semaine ou si elle nécessite un traitement pour être stoppée.
  • Permanente : si la fréquence cardiaque est irrégulière et ne redevient pas normale malgré les médicaments ou autres traitements.

Elle est très présente chez les personnes de plus de 65 ans.

Symptômes :

Excepté lors d’un gros effort ou d’une vive émotion, on ne sent pas notre cœur battre dans notre poitrine. Or, les personnes présentant une fibrillation auriculaire peuvent ressentir des palpitations à tout moment de la journée, même quand ils sont au repos.

D’autres symptômes peuvent être :

  • Une fatigue inhabituelle, surtout en cas d’activité physique,
  • Un essoufflement au repos ou à l’effort,
  • Parfois des vertiges, des étourdissements ou même quelques fois des évanouissements.
  • Plus rarement, elles peuvent ressentir des douleurs dans la poitrine.

Selon les individus, on aura un ressenti différent. Par exemple, pour certains, la fatigue peut être la seule manifestation. La fibrillation auriculaire ne sera alors que faiblement perçue, voire pas du tout. Chez d’autres, elle peut ne provoquer aucun symptôme apparent.

Les causes

La fibrillation auriculaire primaire :

Il s’agit de la plus fréquente. Aucune cause spécifique n’est mise en évidence.  Toutefois, certains facteurs de risque semblent favoriser son apparition :

  • L’âge : le risque augmente significativement avec l’âge. Cela concerne 5% des plus de 65 ans et s’élève à 10% après 80 ans.
  • L’hypertension artérielle
  • Les apnées du sommeil
  • Les sports d’endurance de haut niveau, pratiqués sur une longue période.

La fibrillation auriculaire secondaire :

Elle peut apparaître, par exemple, suite à :

  • Un dysfonctionnement de la thyroïde. Quand il y a une surproduction d’hormones par la glande thyroïde comme c’est le cas dans une hyperthyroïdie.
  • Une infection virale au niveau du cœur comme une myocardite ou une infection qui atteint l’organisme.
  • Une inflammation comme une bronchopneumonie , une inflammation des bronches
  • Une maladie cardiaque comme une anomalie d’une valvule ( rétrecissement ou insuffisance mitrale), l’hypertension artérielle, ou une insuffisance cardiaque, complication d’une chirurgie cardiaque
  • L’obésité
  • Le diabète
  • Une consommation excessive d’alcool sur un court laps de temps. Les risques de développer une fibrillation auriculaire augmentent pendant les 48 heures qui suivent.
  • La prise de certains stupéfiants ( cocaïne et crack )

Ainsi, si on traite la cause initiale, on la fait disparaître par la même occasion.

Évolutions et complications possibles

La fibrillation auriculaire favorise la formation de caillots de sang dans le cœur, on a donc un risque accru d’obstruction brusque d’une artère dû à un corps étranger (embolie artérielle). On a alors une migration possible des caillots de sang dans les vaisseaux qui irriguent :

  • La tête : ce qui peut provoquer un accident vasculaire cérébrale : AVC. La FA est responsable d’⅙ de tous les AVC.
  • Le cœur : ce qui peut provoquer un infarctus du myocarde

De plus, elle peut être responsable d’insuffisance cardiaque chez certaines personnes. Ici, le cœur sera donc dans l’incapacité d’assurer un débit sanguin suffisant pour répondre aux besoins de l’organisme. Les personnes auront alors de oedèmes :  gonflement des chevilles, des mollets, voir des cuisses. Ce type de fibrillation auriculaire est grave et exige des soins médicaux immédiats.

Traitements

Trois aspects sont à considérer :

Le traitement des symptômes à l’aide de :

  • Médicaments qui ralentissent le rythme cardiaque : des bétabloquants comme le métoprolol ou le propranolol.
  • Médicaments qui permettent de rétablir un rythme cardiaque régulier : des antiarythmiques comme la flécaïnide ou le propafénone. L’administration de chocs électriques à l’aide d’un défibrillateur peut avoir le même effet.

La prévention des complications thromboemboliques à l’aide de médicaments anti-vitamine K, qui sont des anticoagulants permettant de fluidifier la circulation du sang

La suppression définitive de la fibrillation auriculaire par la suppression par chirurgie des zones à l’origine des décharges électriques inappropriées responsables de la fibrillation.

Si vous souffrez de fibrillation auriculaire, vous serez obligatoirement suivi par un cardiologue en moyenne une fois par an, et par votre généraliste pour le contrôle des constantes et le renouvellement des traitements.

Quand consulter ?

Quand consulter un médecin ?

  • Si vous sentez des palpitations, une fatigue ou un essoufflement inhabituels, des vertiges, des douleurs dans la poitrine.
  • Si vous remarquez que votre pouls est irrégulier.

Quand contacter les secours : 15 ou 112 ?

  • Suite à l’apparition brutale d’une oppression dans votre poitrine qui dure dans le temps, qui s’accompagne d’une pâleur, d’un essoufflement, d’une fatigue intense, des sueurs, des nausées, un hoquet persistant : ce sont des signes évoquant un infarctus du myocarde.
  • Si vous présentez les symptômes d’un accident vasculaire cérébral comme : un engourdissement du visage, d’un bras ou d’une jambe, une difficulté brutale pour vous expliquer ou comprendre la personne qui s’adresse à vous, un malaise, des maux de tête ou encore des troubles de l’équilibre.
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