Caractéristique de nos sociétés hyperconnectées, on la désigne sous le terme d’autophobie. La peur de soi-même, ou plutôt la peur panique d’être seul, n’est pas une maladie nouvelle. Mais elle touche de plus en plus de monde à cette étrange époque où les confinements sont apparus et où le télétravail s’impose. Voyons de quelle façon elle se manifeste et comment on peut en guérir.

autophobie

Comment se manifeste l’autophobie ?

Il existe différents degrés d’autophobie (aussi appelée mono-phobie), et donc différents symptômes.
Elle peut d’abord se caractériser par des émotions négatives telles que la tristesse, la colère, l’anxiété et la culpabilité.
Plus grave elle peut aussi provoquer des symptômes similaires à ceux de la dépression : troubles du sommeil, fatigue persistante, perte de motivation voire pensées suicidaires.
Enfin, l’autophobie peut déclencher des symptômes physiques tels des troubles de la digestion (nausées, diarrhées, constipation). Mais aussi des palpitations cardiaques, du mal à respirer ou autre signes d’une attaque de panique…

Cette peur d’être seul avec soi-même tourne à l’angoisse et la personne qui en souffre peut avoir l’impression qu’elle va mourir. Elle passera alors du temps avec des personnes qui ne lui correspondent pas forcément, en étant dépendante affectivement. Elle se retrouvera aussi à multiplier les activités sans y avoir goût pour fuir sa solitude. 

Les causes de l’autophobie

Les autophobes sont souvent des personnes souffrant d’un fort sentiment d’abandon. Cela peut remonter à l’enfance, à un environnement peu sécurisant, la perte d’un parent notamment. A l’âge adulte cette peur peut surgir suite à un divorce accompagné d’un changement de mode de vie, vers une vie plus précaire.

Les autophobes sont aussi fréquemment des personnes manquant de confiance en elles, se sentant mal aimées depuis l’enfance, ou des personnalités dites borderline. Seules avec elles-mêmes, elles se dévalorisent.

Les confinements forcés liés à la pandémie de Covid-19 et le télétravail obligatoire dans certaines entreprises ont accentué leur maladie. Elle a pu aussi se développer chez certaines personnes qui n’en souffraient pas jusque là.

La prise en charge

L’autophobie est handicapante, et finit par nuire à la personne qui en souffre et à son entourage, qui parfois pense que ses crises sont exagérées. L’auto-phobe se livre d’ailleurs parfois au chantage affectif quand il panique. Il peut aussi devenir un danger pour lui-même.

Mais l’autophobie n’est pas une pathologie grave même si elle nécessite une prise en charge et du soutien. C’est une phobie répandue qui peut être prise en charge sur un temps court.

Les thérapies brèves type thérapies cognitivo-comportementales sont donc indiquées et un changement de mode de vie peut parfois suffire. Ces thérapies pourront être associées à la prise ponctuelle d’anxiolytiques pour calmer la peur dans un premier temps. En cas d’échec, une thérapie plus longue et plus en profondeur pourra s’avérer nécessaire.

Les thérapies brèves

Parmi les thérapies brèves on trouve la TCC, thérapie cognitivo-comportementale.
Elle consiste à changer deux éléments : d’abord le sens que le patient donne à une situation (c’est la partie cognitive), puis son comportement vis à vis de la dite situation (c’est la partie comportementale). Cette thérapie va permettre au patient de transformer ses croyances et ses émotions négatives et ainsi retrouver rapidement de l’autonomie. L’hypnose, l’
EMDR ou la PNL pourront mener aux mêmes résultats.

Ces thérapies peuvent être menées en téléconsultation si le patient se sent dans l’urgence ou ne souhaite pas se déplacer (ce qui est peu fréquent dans le cas de l’auto-phobie).

Le mode de vie

Avec le soutien d’un thérapeute ou d’un psychologue, l’autophobe pourra aussi tout simplement adopter de nouvelles habitudes de vie bénéfiques. Si le télétravail est une souffrance, un aménagement d’emploi du temps différent pourra également être envisagé avec l’employeur.

Les thérapies longues

Si l’autophobie n’est pas guérie ou se manifeste à nouveau suite à ces thérapies, un travail plus profond de type psychanalytique pourra être nécessaire.
Il aura pour but de chercher les causes profondes de la phobie et de les comprendre, pour casser les schémas négatifs.

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