Par le Léa Magiore, Médecin Généraliste

Près de trois français sur cinq consomment un médicament avant même d’aller consulter leur médecin généraliste. Si cette pratique est assez fréquente et utile dans certains cas, l’automédication s’avérer dangereuse et se doit d’être maîtrisée afin d’exclure le maximum de risques.

Gélules médicament

Les pratiques déconseillées lorsque l’on se soigne seul

Qu’est-ce que l’automédication ?

On parle d’automédication lorsqu’une personne a recours à un ou plusieurs médicaments, sans prescription médicale préalable, dispensés dans une pharmacie.

Vous le savez tous, on peut acheter des médicaments sans ordonnance en pharmacie. Ces médicaments additionnés à ceux restants après un traitement médical prescrit constituent rapidement une véritable armoire à pharmacie.

L’automédication est une pratique en hausse chez les patients (⅔ des médecins et pharmaciens le constatent). Le déremboursement de nombreuses spécialités en est l’une des principales causes. Ceci a entraîné une baisse des prescriptions et donc une augmentation de ces pratiques.
Mais d’autres raisons peuvent également être évoquées :

  • Une bonne connaissance du traitement approprié aux symptômes présentés
  • L’envie du patient de reprendre le contrôle de sa santé
  • La volonté de se soigner rapidement
  • Le manque de temps pour consulter un médecin
  • L’économie du coût d’une consultation

S’il est utile de conserver certains médicaments pour soigner les petits maux du quotidien, il va sans dire que d’autres médicaments ne doivent absolument pas être utilisés sans conseil.

L’automédication, dans quels cas ?

L’automédication peut-être pratiquée avec les médicaments vendus en pharmacie sans ordonnances.

Il s’agit généralement de médicaments que l’on peut utiliser pour soigner des maux tels que : le mal de gorge, la fièvre, les nausées, le mal de ventre, les brûlures ou les douleurs digestives par exemple.

Paracétamol, Ibuprofène, Aspirine, Dompéridone, sont les plus vendus en pharmacie.

Même si ces maux sont mineurs et disparaissent la plupart du temps rapidement, il faut être conscient que l’utilisation de médicaments, même sans ordonnance, nécessite des précautions ; et ce quel que soit le produit concerné.

En dehors des médicaments disponibles sans ordonnance, il est fortement déconseillé de s’automédiquer sans conseil préalable de son médecin traitant.

Des précautions à prendre

Certaines consignes doivent être respectées afin de minimiser les risques :

  • Si, malgré une automédication, les symptômes persistent plus de 48H, il est nécessaire de consulter son médecin afin d’avoir un traitement mieux adapté à la maladie. Il pourra éventuellement vous communiquer ses conseils vis-à-vis de l’automédication si les mêmes symptômes se représentaient.
  • Avant de consommer un médicament, lire la notice attentivement afin de regarder si le produit est adapté au mal ressenti et respecter les doses conseillées.
  • Attention à ne pas s’automédiquer avec un médicament que l’on n’a jamais consommé car il arrive que certaines personnes soient allergiques à des substances actives particulières. Les personnes qui se savent à tendances allergiques doivent se méfier. Ainsi, s’il y a déjà eu un incident à cause d’un médicament, il faudra bien noter le nom du médicament en cause ainsi que tous les excipients afin que ce type de mésaventure ne se reproduise pas.
  • Si le malade est une femme enceinte ou un enfant, il est indispensable de prendre contact avec son médecin ou avec son pharmacien, et de ne surtout pas avoir recours à l’automédication en première intention.

Une pratique à limiter

Utile dans certains cas, l’automédication peut-être dangereuse et provoquer des interactions médicamenteuses ou des effets secondaires. C’est notamment le cas avec les antibiotiques ou les corticoïdes.

Les antibiotiques utilisés pour un premier épisode infectieux ne seront pas forcément indiqués lors d’une autre infection. Aussi, en fonction de la personne, mais aussi de l’antibiotique déjà utilisé, de la localisation, de ce que l’on peut constater à l’examen clinique, ou encore de la période d’épidémie, il est possible qu’il n’y ait pas besoin d’antibiotique. Ou encore, que l’infection en nécessite un autre .

Les corticoïdes eux répondent à des cas de prescriptions bien particuliers tant par la galénique (crème, comprimé, inhalation) que par la décroissance de la dose quand on souhaite l’arrêter. Pour les personnes qui connaissent bien leur maladies de peau et qui sont autonomes, il est même recommandé de savoir détecter les symptômes devant mener à l’application de crème corticoides.

Pour tous les autres cas il sera préférable de prendre contact avec votre médecin pour examen et conseils afin éviter les mésusages.

Les conseils du pharmacien

Prenez des notes

Lorsque vous achetez des médicaments, n’hésitez pas à demander à votre pharmacien d’écrire sur la boîte la maladie pour laquelle le médicament est destiné, ainsi que les doses conseillées par jour.

Faîtes le tri

Regardez régulièrement votre trousse à pharmacie afin d’en retirer les médicaments périmés. Pensez également à vérifier que les comprimés sont bien dans les boîtes correspondantes.

Recyclez

Rapportez les médicaments périmés et ce que vous n’utiliserez plus chez votre pharmacien, il s’occupera ensuite de les détruire de recycler leurs emballages.

Parlez-en à un professionnel de santé

En effet, à votre médecin ou encore à votre pharmacien !

Les professionnels de santé sont pour la plupart persuadés que c’est une pratique qui va encore croître au fil des années. Plus de 90% d’entre eux sont prêts à vous prodiguer des conseils sur cette pratique afin de vous accompagner dans votre automédication.

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