L’autisme est une pathologie qui a été portée de multiples fois à l’écran malgré sa récente description en 1943. C’est une pathologie qui fascine, mais qui reste mal comprise et très hétérogène. Où en sont les données actuelles de la science ? Quelles sont ses multiples facettes ?

autisme

Comprendre l’autisme de votre enfant

Histoire et contexte actuel

Décrit en 1943 par Léo Kanner, il fut d’abord considéré comme une forme de schizophrénie infantile. Les travaux des années 80 ont permis de lui retirer cette étiquette : il est maintenant reconnu comme un trouble neuro-développemental. L’autisme est le tableau le plus classique de ce qu’on appelle Trouble Envahissant du Développement. En réalité, dans cette catégorie se trouve des formes très hétérogènes, d’expression plus ou moins complète. L’autisme typique toucherait 1,7/1 000 à 4/1 000 individus et 3 à 7/1 000 personnes souffriraient d’un Trouble Envahissant du Développement.

Y-a-t-il des facteurs de risque ?

Une chose à bannir est l’idée qu’un lien affectif de mauvaise qualité entre la mère et l’enfant puisse être en cause. Conception répandue à une certaine époque, aucune étude ne va dans ce sens. L’autisme touche 4 fois plus le garçon que la fille et toutes les classes sociales. Des facteurs génétiques sont probablement à prendre en compte, le risque étant plus élevé en cas d’antécédent familial.

Y-a-t-il un traitement ?

Il n’existe pas de médicaments pour guérir l’autisme. La prise en charge a pour but de permettre à l’enfant une meilleure adaptation dans sa sphère familiale, scolaire, sociale, puis professionnelle en prenant en compte et en ciblant ses propres difficultés. Elle repose sur des thérapies intensives pour favoriser les apprentissages, les entraînements aux capacités sociales pour favoriser les interactions avec leurs pairs et l’orthophonie pour améliorer le langage mais également la communication non verbale. La scolarité peut se poursuivre en milieu scolaire normale avec certains aménagements comme une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS). A défaut, il existe des classes ou des établissements adaptés.

Comment s’exprime l’autisme ?

Les signes apparaissent classiquement avant l’âge de 3 ans et s’inscrivent dans 3 domaines :

  • Pas ou peu d’utilisation des gestes instrumentaux d’échange social : faire oui ou non avec la tête, dire coucou ou au revoir avec la main, lever les bras pour demander à être porter
  • Pas ou peu d’utilisation du pointage : geste important dans la communication non verbale de l’enfant, pour pointer un objet qu’il souhaite obtenir ou pour faire porter l’attention de ses parents sur quelque chose qui lui procure une certaine émotion (un chat par exemple)
  • Faible contact oculaire
  • Pauvreté des expressions faciales

L‘enfant présentant des difficultés à exprimer ses émotions donne une apparence de froideur ou de désintérêt pour les autres. Il a également du mal à reconnaître les émotions exprimées par autrui, se traduisant par un manque d’empathie. Il y a, par ailleurs, un défaut de compréhension des conventions sociales qui est responsable d’une certaine maladresse (franchise). Enfin, il aura tendance à s’isoler et à jouer à l’écart des autres. Classiquement, l’enfant ne sait pas « faire semblant » : il ne crée pas d’histoire avec ses figurines, ne joue pas à la dinette, ne sait pas « jouer un rôle ».

Ce qui est important à comprendre, c’est que les relations sociales altérées ne sont pas forcément liées à un défaut d’envie, mais à des difficultés de communication et d’échanges, de compréhension par ses pairs et de rejet.

  • Caractère restreint : l’enfant va porter un intérêt à un sujet spécifique (train, chiffres, chat) qui va envahir ses activités (recherches, livres) ou être le principal sujet de ses conversations, de façon répétitive et rigide. Il peut également s’attacher à un objet plutôt inhabituel dont les tentatives de séparations peuvent être source de conflits (une simple vis, un caillou,…)
  • Caractère répétitif et stéréotypé : les stéréotypies peuvent être motrices ou verbales, il s’agit d’une répétition de mouvements (le classique balancement du tronc) ou de mots, voire seulement de sons. Les jeux peuvent être également sources de mouvements reproduits de façon inlassable.
  • Intolérance aux changements : les habitudes, voire des rituels, vont être une source de sécurité pour l’enfant (le respect des même horaires, même itinéraires, même planning) et tout changement va être source d’angoisse et de réactions vives, y compris pour des événements a priori sans importance (modification de la disposition des meubles par exemple).

Les conseils du médecin

Poser un diagnostic le plus tôt possible

Chaque région possède un Centre de Ressources Autisme qui permet d’évaluer les formes les moins typiques. En effet, il s’agit d’un diagnostic qui ne doit pas être porter à la légère car source de souffrance pour la famille qui a l’image de l’enfant autistique isolé et inaccessible à la communication, mais qui doit être fait précocement pour favoriser la meilleure adaptation possible au cours du développement de l’enfant.

Par Cécilia Renou, Médecin

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