Par le Léa Magiore, Médecin Généraliste

Pour commencer une belle relation avec nos futurs lecteurs, qui soit de qualité, durable, autonome et responsable, nous voulions revenir sur les bases qui constituent notre santé. Qu’est ce qu’avoir une bonne santé et par quoi cela commence ?

Alimentation Saine

Bilan de notre état de santé

Les maladies de notre siècle

Les maladies cardio-vasculaires, par exemple l’hypertension artérielle, le diabète de type 1 et 2, l’obésité ou encore  l’hypertriglyceridémie constituent 30% des dépenses de santé. Elles sont à égalité avec les hospitalisations ponctuelles, soit 29,9 milliards en 2013, sans compter les cancers directement reliés.

Ces maladies chroniques connaissent presque partout dans le monde une augmentation spectaculaire, surtout chez les enfants. Pas si loin de chez nous, la Grèce et l’Italie connaissent les plus forts taux d’obésité pédiatriques au monde. Au Mexique, où l’alimentation reposait sur le maïs, la courge et les haricots (végétaux et légumineuses), l’adoption d’une alimentation industrielle, donc transformée, a été démonstrative : en seulement onze ans, de 1989 à 2000, la population en surpoids est passé de 10 à 60%. Le diabète de type 2, conséquence direct du surpoids et de l’obésité, a été multiplié par 7.

Les causes de ces maladies

Le hors série Le point dédié à l’alimentation site un célèbre rapport de la revue britanique Lancet, qui compile les données de 195 pays et montre que sur 56 millions de décès, 70% sont liés à un mode de vie délétère. Pour ce qui est des cancers, l’American association for Cancer Research à montré a quel point notre mode de vie (tabac, sédentarité, surpoids, alimentation, alcool en excès et stupéfiants) est la cause directe du cancer dans 70% des cas. L’alimentation étant responsable dans 30% des cas. En 2014, le risque de cancer du sein par exemple, est 4 a 7 fois plus faible en Asie qu’aux Etats-Unis. Les femmes asiatiques qui immigrent aux Etats-Unis voient leur risque de cancer augmenter de 80% au bout de 10 ans. Une génération plus tard, leurs filles ont un risque identique à celui des femmes Américaines, démontrant l’influence majeur de l’environnement et de l’alimentation sur cette maladie (1). Cela pourrait donner à penser que nos gènes seraient plus préparés à la famine qu’à l’abondance…

Comment notre alimentation constitue le terreau de certaines maladies ?

L’alimentation industrielle (transformée) trop grasse, trop sucrée et trop salée, provoque un état inflammatoire chronique qui est le substrat des maladies cardio-vasculaires.

Par exemple, en ingérant des chips, le corps va sortir l’artillerie lourde de ses enzymes digestives. Un produit très gras, très salé et sucré, demande beaucoup d’énergie au corps pour son assimilation. Une fois coupés en tout petit morceaux par la précieuse machine de la digestion, les chips réduites en nutriments (lipides, glucides et sodium) passent la barrière intestinale et se retrouvent dans le sang.

Voici les effets délétères sur le long terme des additifs de cette alimentation transformée :

  • Le sel :Le sel, présent en grande quantité va faire un appel d’eau à l’intérieur des artères car le corps a horreur des déséquilibres, ce qui va augmenter la résistances au niveau des parois et peut créer à terme de l’hypertension artérielle.
  • Le sucre : lorsque nous absorbons trop de sucre, cela va demander au pancréas de sécréter en très grande quantité une enzyme permettant de l’assimiler, l’insuline. Si cela se répète, le pancréas va s’épuiser ce qui peut engendrer du diabète.
  • La graisse: la mauvaise graisse, très présente dans les produits transformés, va à terme dépasser les capacités d’élimination du corps et provoquer du cholestérol ou des triglycérides en trop grande quantité dans le sang.

Toutes ces molécules présentes en excès créent des micro-lésions sur les parois des artères. Pour cicatriser, le corps envoie sur place des molécules inflammatoires très efficaces mais dont il ne faut pas abuser. Vous l’avez peut-être déjà entendu, c’est ce qu’on appelle le stress oxydatif.

Car oui, en mangeant mal, nous stressons même nos petites cellules, et en étant stressées en permanence ( en mangeant tout le temps des produits transformés), elles font le lit du cancer…

Qu’est-ce que l’alimentation transformée ?

Un aliment industriel est un aliment conditionné et transformé par l’industrie agro-alimentaire à partir de produits agricoles simples ( viande, légumes, farine..). On peut féliciter l’industrie alimentaire d’avoir nourri tout le monde au sortir de la guerre à des prix bas et de garantir des produits constants dans des conditions d’hygiènes réglementées.
Cependant la diminution du coût des produits a entraîné une diminution de la qualité des aliments. Partant de ce constat, les industriels cherchent à donner du goût à des aliments discount en ajoutant en excès :

  • du sel (exhausteur de goût, source…d’hypertension !)
  • du sucre (caché, le plus souvent sous le nom de fructose, provoquant…le diabète !)
  • certaines « mauvaises » graisses comme les graisses saturées et les acides gras trans (sources de maladies cardiovasculaires et cancer du sein)
  • des additifs dans les transformations alimentaires industrielles (dont conservateurs, agents texturants, exhausteurs de goût, sels et colorants) pour la stabilité, la conservation et l’appétence du produit.

Les produits transformés sont par exemple : chips, charcuteries, pain de mie, pâtes, sucres, confiseries, ketchup, plats préparés, fast-food …

Pas d’inquiétude, il n’est jamais trop tard !

Notre corps se renouvelle en permanence. Si on change nos habitudes alimentaires, on efface en bonne partie l’ardoise du passé.

Réduisez l’alimentation transformée

Ca passe donc par la lecture des étiquettes ! Remplacez autant que possible le supermarché par le marché local, cuisinez vous-même des produits issus de l’agriculture raisonnée ou de préférence biologique. En cuisinant, vous pourrez même réaliser que vous ferez des économies (des achats en plus petits volume, moins de gaspillage alimentaire).

Choisissez et répartissez mieux vos apports

Consommez plus de légumes verts qui devraient représenter 50% de notre alimentation, les 50% autres devraient se répartir de façon égale entre les fruits, les protéines animales et les glucides. (Ce régime qui ressemble de près au régime méditerranéen diminue de 70% les risques de cancers du sein).

Favorisez les bonnes associations d’aliments

Pour remettre dans un cercle vertueux votre précieuse digestion. Trop de mélanges alimentaires provoquent une digestion difficile, des lourdeurs, une fatigue après repas et crée petit à petit le déséquilibre de la flore intestinale. (Nous verrons ces associations dans un prochain article en février, mois dédié à la prévention).

Eduquez vos enfants à une alimentation saine

Les parents ont un rôle éducatif de premier ordre pour inciter leurs enfants à consommer des produits bruts, riches en nutriments nécessaires au bon développement physique et cérébral. Les parents aident leurs enfants aujourd’hui à prendre les bonnes habitudes alimentaires de demain.

(1) Breast Cancer Incidence in Asian Migrants to the United States and Their Descendants, J.Stanford, L. J. Herrinton, S.Schwartz and N. Weiss, Epidemiology Vol. 6, No. 2 (Mar., 1995), pp. 181-183

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