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Acouphènes : des bruits parasites pouvant nécessiter une consultation

Qui n’a jamais souffert de sifflements ou de bourdonnements d’oreille après un concert ou un feu d’artifice ? La plupart du temps, ces acouphènes restent temporaires et disparaissent d’eux-mêmes très rapidement. Mais il existe aussi des acouphènes chroniques, aux nombreuses causes possibles : il est recommandé de consulter un médecin pour rechercher leur origine. Consultez également si les sifflements sont apparus après un choc à la tête ou s’accompagnent d’autres symptômes du type fièvre, douleur, vertiges, perte d’audition etc.

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Par Audrey Lemaire – le 23 janvier 2019

Les acouphènes : des manifestations différentes d’un cas à l’autre

On parle d’acouphènes lorsqu’une personne perçoit temporairement ou régulièrement des bruits non-produits par une onde sonore extérieure. En eux-mêmes, les acouphènes ne constituent pas une maladie : ils peuvent en revanche être les symptômes de divers troubles et pathologies. Selon les individus, ils prennent la forme de sifflements, de bourdonnements, de cliquetis ou encore de tintements plus ou moins fréquents et intenses. Ils peuvent apparaître brutalement ou s’installer progressivement, toucher une seule oreille (acouphènes unilatéraux) ou les deux (acouphènes bilatéraux) voire même « résonner » directement à l’intérieur de la tête.
Les acouphènes subjectifs représentent près de 95% des cas : ils ne sont liés à aucun bruit réel mais à un bruit fantôme probablement généré par le cerveau en tentant de compenser une lésion des cellules de l’oreille interne. Mais cela reste très théorique, les mécanismes en cause étant encore mal connus… Plus rarement, le médecin ORL peut entendre et même mesurer l’intensité du bruit au cours de l’examen : on parle d’acouphènes objectifs. Le bruit vient alors directement de l’intérieur du corps (ex. : perception du flux sanguin entraînant des acouphènes pulsatiles).

Quelles sont les causes des acouphènes ?

Classiquement, les acouphènes subjectifs sont liés à une exposition à un bruit trop fort ou à la baisse d’audition naturelle due au vieillissement : ils sont courants à partir de 50 ans. Mais de nombreux autres troubles, lésions et pathologies du système auditif peuvent entraîner ces acouphènes : les causes possibles vont du simple bouchon de cérumen au traumatisme crânien, en passant par l’otite, la prise de médicaments ototoxiques (endommageant les cellules de l’oreille interne), une tumeur du nerf auditif… Il existe aussi différentes causes aux acouphènes objectifs, dont l’hypertension artérielle, l’athérosclérose, une anomalie des capillaires sanguins ou des troubles neurologiques.

Acouphènes chroniques : des complications possibles ?

Les complications directement imputables aux acouphènes chroniques restent assez rares : la plupart des personnes atteintes les supportent bien car ils restent d’intensité raisonnable. Elles ont juste besoin d’un peu de temps pour s’habituer à leur présence. Mais il existe des cas plus sévères où les acouphènes prennent des proportions difficilement tolérables : à titre indicatif, certains patients comparent leur intensité à celle d’un réacteur d’avion. D’où l’apparition de troubles de la concentration, de stress chronique, d’insomnie… Sans un solide accompagnement psychologique, cela peut aller jusqu’à la dépression.

Comment combattre ou prévenir les acouphènes ?

Peut-on soigner les acouphènes ?

Quand la cause est clairement identifiée ET corrigeable, il est possible de mettre fin aux bruits parasites. Mais dans de nombreux cas, le traitement des acouphènes consiste surtout à aider les patients à mieux les tolérer. Le port d’une prothèse auditive ou l’écoute d’un « bruit blanc » quelques heures par jour (thérapie sonore d’habituation), notamment, apportent souvent un soulagement. Les thérapies cognitivo-comportementales, la sophrologie, l’ostéopathie, l’acupuncture et l’hypnose sont aussi employées. Au besoin, des médicaments sont également prescrits (ex. : anxiolytiques).

L’homéopathie, le placebo par excellence ?

Evitez le silence : il pousse votre cerveau à focaliser son attention sur les acouphènes. Mieux vaut laisser un léger bruit de fond, type musique douce par exemple. D’un autre côté, vous devez aussi éviter les bruits trop forts, qui pourraient aggraver vos sifflements d’oreille. Il est également recommandé d’arrêter ou de réduire autant que possible votre consommation d’alcool, de tabac et de boissons contenant de la caféine (ex. : thé, café, divers sodas). Pensez aussi à faire du sport pour évacuer votre stress et aux groupes de parole organisés par l’association France Acouphènes pour rompre l’isolement.

Peut-on prévenir les acouphènes ?

Certaines causes sont impossibles à prévenir mais vous pouvez quand même limiter les risques de souffrir d’acouphènes en évitant les traumatismes sonores. Pensez notamment à :

  • limiter le volume si vous écoutez de la musique avec des écouteurs ;
  • vous protéger les oreilles – avec des bouchons en mousse par exemple – lors des concerts ou si vous êtes exposé(e) au bruit d’un marteau-piqueur, d’une tronçonneuse, etc.